Conférence au cœur des émotions des enfants par Isabelle Filliozat

Le 10 octobre à Troyes dans le cadre du salon du livre de la jeunesse

Jeudi soir à 20h comme de nombreuses personnes, professionnels de la petite enfance ou non, j’ai assisté à la conférence d’Isabelle Filliozat, psychothérapeute et auteur de plusieurs ouvrages sur le développement psycho-affectif de l’enfant (mais pas que) comme justement « Au cœur des émotions de l’enfant : comment réagir aux larmes et aux paniques » ou « il me cherche : comprendre le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans ».

La conférence

Je n’ai pas pour habitude d’assister à des conférences. Dans mon esprit, conférence rime avec animation pédagogique et donc avec ennui. Mais l’assistante maternelle d’Aurore a suivi des formations avec madame Filliozat et le sujet avait l’air tellement intéressant que je me suis dit que pour 2euros je n’allais pas forcément perdre mon temps.

J’étais agréablement surprise de voir que de très nombreuses personnes sont venues assistées à cette conférence. Ça veut dire que le sujet interpelle et que les gens ont à cœur de comprendre nos enfants et d’évoluer dans leurs pratiques de tous les jours pour répondre au mieux aux besoins affectifs de nos petits (que ce soit à la maison ou au travail).

Quelle surprise ça été quand ce petit bout de femme est arrivé sur la scène telle une artiste en représentation ! Cette conférence n’a pas été du tout ennuyeuse, elle a été vivante et drôle à l’image de la conférencière. A contrario d’une conférence habituelle, elle a commencé par nous mettre par groupe de six (bonjour les voisins des sièges en face ou derrière) et nous devions se mettre d’accord sur une question. Elle a tiré au sort les questions et y a répondu tout le long des 2heures de son discours.

Je vous résume ici les notes que j’ai pu prendre.

L’émotion

Une émotion est un mouvement de la vie à l’intérieur d’un individu. Les enfants réveillent nos propres émotions. Nous aimerions les écouter mais nous ne savons pas comment à cause de notre vécu pendant notre enfance.

La société nous dit « il faut mettre des limites », il faut être autoritaire sinon nos enfants vont être des enfants rois et nous des parents laxistes. Mais ce genre de comportement engendre du stress pour l’enfant qui ne sait pas réagir. Ses réactions sont donc :

  • L’attaque (taper/ lancer des objets)
  • La fuite (souvent vers 5 ans)
  • L’immobilité (il se sent impuissant)

Plus il y a de stimuli de stress de la part du parent plus l’enfant ralentit. Il a été scientifiquement démontré que le taux de cortisol des enfants augmente en même temps que celui des parents. Tous les êtres humains réagissent aux stimuli de stress mais contrairement aux enfants, les adultes peuvent réguler.

Le stress n’est pas une émotion. Il s’agit de quelque chose de plus spécifique. Chaque émotion a une fonction et nous pouvons avoir du stress dans toutes les émotions.

En cuisine, quand le lait bout, on ne met pas de couvercle sur la casserole mais on éteint le gaz alors pourquoi quand nos enfants bouillent à l’intérieur, il faudrait leur mettre des limites (un couvercle) ?

Dans la gestion de classe

Les émotions sont communicatives. Il est important d’expliquer les émotions aux enfants grâce à des histoires, des rondes des émotions. Idées pour la gestion : emmener le groupe crier en extérieur/ s’asseoir autour d’un enfant qui exprime une émotion (colère/ tristesse) et la décrire ensemble pour trouver ensemble comment l’aider à aller mieux.

Les conflits dans une fratrie

Il est important de comprendre ce qui se passe dans le cœur de celui qui agresse. Dans une fratrie, il y a une compétition constante pour l’amour des parents. La naissance d’un petit€ frère/ sœur est une véritable frustration. L’enfant descend de la première place du podium et l’ainé veut montrer qu’il est le meilleur. Derrière la jalousie se cache la peur et la honte. Pour que les conflits soient moins violents : leur proposer de faire pierre feuille ciseaux. C’est naturel et normal de se battre (comme tous les mammifères : ex les chiots et les chatons) mais il faut mettre un cadre = on peut se battre mais sans se faire mal (faire un ring).

Il faut écouter les émotions mais pour qu’elles ne nous blessent pas (« tu ne m’aimes plus »), il faut imaginer les recevoir dans un bol devant nous (pas dans notre cœur). Dire que l’on comprend et se trouver un code lorsque que ce genre d’émotion apparait (exemple si tu as l’impression que je ne t’aime plus tu dis bisous et on se fait un câlin pour que je te prouve mon amour). Il faut répondre aux besoins émotionnels profonds.

Résolution de crise face à une envie

Quand l’enfant veut quelque chose, il s’imagine déjà l’avoir ce qui lui fait sécréter des opioïdes mais s’il n’a pas la chose convoitée, il y a une chute brutale des opioïdes ce qui lui cause une douleur physique.Les réactions démesurées ne sont pas de la colère mais du stress. Pour résoudre le problème, il faut du contact, de l’accueil et de l’empathie.A 3 ans ce que l’enfant dit le plus, c’est « je veux ». Un adulte peut se projeter dans le temps, dans des lieux… Les enfants sont eux en recherche d’une relation « je veux » veut dire qu’il cherche à entrer en relation avec nous donc on peut lui demander de nous expliquer des choses en lien avec l’objet convoité.A 2 ans, la frustration engendre une explosion. Mais on n’enseigne pas comment sortir de l’émotion quand l’enfant est dedans mais plutôt dans les moments tranquilles. Ex : on montre la technique Ninja pour découper une feuille.La colère est quand on perd un morceau de notre identité. On cherche donc la réparation de la blessure et cela se fait par la violence. Il faut faire le constat de ce qu’il se passe et se réparer. Lorsque que nous sommes en colère, nous avons une sensation de puissance. On peut proposer aux enfants des jeux pour exprimer leurs émotions.Pour apprendre à l’enfant à gérer ses déceptions, il faut lui montrer le modèle. Exemple : en explicitant à l’oral notre émotion et réaction face à elle.

La figure d’attachement

Dans 99% des cas, la figure d’attachement est la maman. Mais il ne faut pas juger le comportement de fuite de la plupart des papas (rappel, c’est une des réactions au stress). Ils n’ont pas toutes les connexions dans le cerveau pour accueillir les émotions des enfants à cause de leur vécu. 99% des papas des papas demandaient aux mamans de s’occuper des enfants lors des pleurs…On agresse nos maris car ils sont nos figures d’attachements, nous déchargeons notre stress sur eux. La recommandation de la thérapeute, le câlin ! Il permet également de décharger le stress sans entrer dans le conflit.

La crise est toujours faite face à la figure d’attachement sécure. C’est pourquoi les enfants font le plus souvent « leurs crises » avec la maman.La figure d’attachement peut également se comparait à un porte-avion : l’enfant vient se ressourcer grâce à l’attention portée.

Rendre un enfant responsable

La punition n’est pas un outil pour rendre un enfant responsable. Justement, une fois la punition faite il peut recommencer. La punition donne de la puissance aux enfants car ça prouve qu’ils ont bravé les adultes. On va l’aider à mesurer l’impact de son comportement. Il faut valoriser leurs comportements responsables vers les autres (et pas juste les résultats scolaires).

Les morsures

Vers 2 ans, les morsures sont fréquentes. Les bagarres et morsures sont des comportements normaux car nous sommes des mammifères. Pour leur apprendre les limites, les jeux de bagarres avec les parents sont conseillés et il est important de dire quand on a mal pour qu’ils comprennent les limites. Pour les morsures, Françoise Dolto dit qu’il faut que l’enfant apprenne à maitriser sa bouche, par exemple en mangeant une pomme.

Un enfant qui réprime ses sentiments

Vers 7/ 8 ans, l’enfant est sensible aux regards des autres et ont peurs de la honte. Il faut profiter des livres et films pour exprimer les émotions des autres. On parle d’abord des émotions des autres pour ensuite lui faire exprimer ses propres émotions.Pour avoir une bonne relation avec l’enfant, il faut se mettre à côté de lui (pas en face) et on ne le regarde pas pour le laisser parler. Il ne faut pas lui poser des questions mais faire des affirmations qu’il approuvera ou non.Une émotion est quelque chose d’intime et il est important que l’enfant se sente accueilli. Il faut écouter au-delà de l’émotion car il s’agit aussi d’une accumulation de stress.

La tétine

Quand un enfant porte une tétine plus de 4h par jour, il est scientifiquement prouvé que ça diminue sa capacité d’empathie car le visage se muscle par mimétisme des expressions des parents. Avec la tétine se mimétisme ne peut pas se faire.

Conclusion

Une émotion c’est une charge qui met l’individu dans un état de tension. Il faut une décharge (pleurs/ cris) pour retrouver son sentiment de relaxation.Ce fut vraiment une conférence très intéressante qui permet d’avoir un autre regard sur nos enfants et qui nous donne envie de devenir meilleur. J’espère vraiment pouvoir mettre en pratique les conseils de madame Filliozat avec mes enfants et dans mon travail.

Je commence la lecture de son livre qui je pense sera aussi passionnant que la conférence.En espérant que mes notes vous seront utiles !

Carpe Diem*

Publié par

Maman de Gabriel et Aurore, je partage mon quotidien et mes passions à travers mon blog.

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